Publié le par Enfin Le Blog Trail d'Alban
Quelle bonheur d'avoir pu parcourir ces 400 kilomètres et 25 000m d+ de cette magnifique traversée xxl.
 
Le départ de cette 3è édition a été donné dimanche 19 juillet sous la pluie depuis Bad Ragaz (canton de Saint-Gall), à l’est du pays. 🇨🇭
Le parcours en traversée relie les rives du Rhin à celles du lac Léman, du Heidiland à Montreux, traversant 7 cantons suisses et quelques-uns des plus beaux lieux du pays : le massif du Pizol et ses lacs alpins, Engelberg et le Titlis, Grindelwald sous la face nord de l’Eiger, Lauterbrunnen et sa cascade de Staubbach... bref des paysages à couper le souffle au sens propre comme au figuré !
 
Retrouvaille avec un autre chevalier du vent, Stéphane, rencontré lors la Great Himal Race 2024
Retrouvaille avec un autre chevalier du vent, Stéphane, rencontré lors la Great Himal Race 2024
Retrouvaille avec un autre chevalier du vent, Stéphane, rencontré lors la Great Himal Race 2024

Retrouvaille avec un autre chevalier du vent, Stéphane, rencontré lors la Great Himal Race 2024

C'est sous la pluie, le long des superbes gorges de la Tamina, que je pars sur un rythme tranquille, en gestion, c'est déjà une aventure en soi d'arriver sur cette ligne de départ, 2 jours de voiture, 400km en bus, briefing, préparation ultime des affaires de course, une nuit en dortoir.. bref déjà fatigué avant d'être parti !

Voilà 1 mois et demi sans une seule goutte d'eau à Toulouse et dans tout le sud-ouest et voilà que je me prends une bonne rincée dans l'ascension vers la Pizolhutte, 2220m, en vrai elle fait un bien fou cette pluie.

Déjà 1700m d+ et je rejoins Stéphane avec qui je passe un bon moment à nous remémorer nos merveilleux souvenirs népalais, il espère me retrouver en 2028 mais je suis encore en réflexion car une décision comme celle là ne se prend pas à la légère, ça engage un certain niveau physique et mental dont je ne sais pas si je serai encore capable de retrouver, mais c'est pas l'envie qui me manque d'y retourner.

Mes pensées vont bon train et mes foulées suivent, me voilà au Foo Pass, 2223m, sous la grisaille avant de redescendre à Elm, petit village idyllique, entouré de montagnes à couper le souffle. 53km et 3800m de d+. Direction la 1ère BV mais mes souvenirs à l'heure où j'écris ces lignes sont flous, très flous, je me souviens plus si je suis arrivé de nuit, si j'ai dormi, combien de temps je suis resté !! 

Mes sensations et moments forts de ce périple commence à se mélanger dans ma tête. Seules les images me reviennent, les difficultés, les moments de contemplations où j'étais ébahis par les paysages idylliques.

Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée

Je retrouve un compagnon de route du Tor des Glaciers 2022, Pierre, qui a déjà couru cette Crossing Switzerland il y a 2 ans (la course a lieu tout les 2 ans). On discute de tout les ultras qu'on a pu courir ces dernières années et de la motivation qui commence à baisser au fil du temps, comme l'impression d'avoir fait un peu le tour de la question, et d'être d'avantage en recherche d'aventures, d'extrêmes, d'être en petit comité, comme sur cette traversée (300 coureurs) d'être d'avantage hors des sentiers battus, privilégier le plaisir plus que la performance et la quantité, éviter les grands messes médiatiques surpeuplés et aseptisés. Bref moins mais mieux !

Les vastes alpages et sommets imposants s’enchaînent. Après Altdorf, les choses deviennent sérieuses, avec près de 1900 m de d+ concentrés en 11 km jusqu’au col du Surenen, à 2292m d’altitude. On entre dans le canton d’Obwald, où on est accueillis par un panorama à couper le souffle s’étendant sur les Alpes du Schächental et le Titlis. 

Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée

J'ai décidé de me faire plaisir sur cette nouvelle épopée suisse, je profite des Bases-Vie, je prends le temps, je dors sans réveil, me faisant confiance, et ça fonctionne, après 2 jours de réglages, je parviens à enchaîner de jours les parties techniques, les ascensions rudes et les descentes où la concentration est de mise et la chute pas conseillée, avec les parties nuits entre 23h et 5h du mat' en vallée ou sur les parties roulantes.

Bref je profite, pas de chrono en tête, juste apprécier la Via Alpina, s'émerveiller des lacs qui se succèdent, contempler les étoiles, et terminer dans l'état de forme que j'aurais décidé, bref être maître de ma course, le plus possible en tout cas ! 

Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée

Physiquement pas trop mal, j'avance bien, voire trop, quand je me perds, 5-6 fois au total, car c'est l'autre spécificité de cette traversée : pas de balisage sur les 280km de la Via Alpina, on suit la trace mais les nombreuses bifurcations rendent la tâche difficile et avec la fatigue ou la nuit, il faut rester attentif et je me suis retrouvé parfois à remonter un sentier sur 2-3 km à force de persister dans mon erreur ! More kilometers, more fun qui disait l'autre. Heureusement les nuits sont magnifiques, et c'est toujours une émotion spéciale de courir la nuit, seul, avec le ciel étoilé et les bruits de la montagne berçant l'effort.

 

Le seul moment critique pour moi a été après la BV d'Adelboden km285, dans un bunker où la nourriture prévue n'a vraiment pas été à la hauteur (gros bémol relayé par de nombreux coureurs) qui a failli m'être fatal sur les 20km suivants pour atteindre un ravitaillement en total hypoglycémie, panne sèche, fatigue immense obligé de m'allonger pour faire passer des vertiges, et moral dans les chaussettes.

Merci aux 2 bénévoles présents à Iffigenalp sans qui ma course stoppait définitivement là.

J'y suis resté 2h00, à manger, à me réhydrater, à dormir, à re-manger, à re-boire, à re-dormir, bref un petit miracle s'accomplissant minute par minute, qui m'a remis sur pattes pour finir ce chantier! Salvateur !

Dans le fond, en contre-bas, là où tout a failli s'arrêter. Iffigenalp. Dommage d'arrêter là dans ce paysage de carte postal !!

Dans le fond, en contre-bas, là où tout a failli s'arrêter. Iffigenalp. Dommage d'arrêter là dans ce paysage de carte postal !!

D'autant plus que les parties les plus difficiles sont derrière moi désormais, plus que 92km et 5200m d+.

Une paille.

Dire que c'est roulant serait exclure les crêtes finales de Malatraix ou l'ascension vers les Rochers de Naye. Car sur les crêtes, pas le droit à l'erreur, vide à gauche, végétation piégeuse à droite car vide en-dessous également, bref je suis très content de passer en fin d'après-midi... et d'enfin profiter d'un coucher de soleil mémorable sur le Léman avant l'ultime descente sur Montreux. Mais avant l'ultime descente je pouvais pas finir sans une chute elle aussi mémorable, la seule de la semaine mais qui vaut le détour. A force de regarder ce coucher de soleil hypnotique, je me ramasse méchamment et chute après une glissade improbable : choc sur la tête, un bout de dent qui part, ouverture de la lèvre, sang dans la bouche, hématome sur la fesse et au coude, je me met à rigoler nerveusement tellement c'est inattendu. 

Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée
Crossing Switzerland : Encore une splendide traversée

Je me relève, rince ma bouche avec le reste d'eau en ma possession, rien de cassé semble-t-il...? Je continue après avoir cherché en vain le bout de dent parmi les milliers de petits cailloux, je rigole mon sourire a pris cher, je trouve pas, plein de désespoir, je continue la descente !

La fin dans la foret est interminable mais comme toutes les fins d'ultra xxl j'ai envie de dire ! Je ressors la frontale pour en finir à 23h56 en sprint à 5km/h dans les rues animées de Montreux. Contrastes improbables avec les restaurants, le casino, les lumières saturées et les gens en tenues de soirées .. et moi avec 400km dans les jambes, la gueule fracassée et les émotions, les sensations qui se bousculent de manière intense. Soulagement euphorique, fatigue profonde. Je pars voir le médecin de la course, heureusement plus de peur que de mal, juste un rdv chez le dentiste à prévoir. 

Magnifique périple, c'est beau, très beau, c'est dur, très dur (centaine d'abandons), encore des améliorations à prévoir certainement niveau orga, mais des équipes formidables sur le terrain et peu de coureurs comme j'aime. Je suis fier de ma Crossing Switzerland 2026 ! Challenge réussi ! 

 

 

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