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ENFIN LE BLOG TRAIL D'ALBAN !

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L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

Enfin Le Blog Trail d'Alban —
L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

En me réveillant ce matin, je commence à réaliser ce que je viens d'accomplir le week end dernier : une traversée intégrale de Belledonne qui dans les prochaines années va sans doute devenir mythique !

Finisher de cette 1ère édition incroyablement difficile, je suis conscient d'avoir réalisé quelque chose de grand !

500 inscrits au départ et ... 167 finishers à l'arrivée, une hécatombe.

Quant à moi, c'est après 45h40 de course que je franchis la ligne d'arrivée, en 96è position. Je suis épuisé mais tellement heureux d'être venu à bout de ce magnifique et monstrueux parcours ! Le bonheur est immense !

155 km / 11200m+ (contre 140km et 10000m+ annoncés)

155 km / 11200m+ (contre 140km et 10000m+ annoncés)

Je voudrais remercier en tout premier lieu les bénévoles d'une rare attention avec nous et d'une gentillesse sans bornes ! Après Fonds de France, à mi-parcours, quand nous n'étions plus qu'une centaine, ils ont été aux petits soins et ont contribué à la réussite de cet ultra titanesque.

En revoyant ces images, ces paysages, je n'ai envie de dire qu'une chose : je veux y retourner !!

Merci aussi à l'organisation pour nous avoir offert une aventure comme celle-ci. Même si quelques points sont inévitablement à revoir, ce qui est bien normal pour une 1ère édition, organiser une logistique pareil dans un tel massif est tout simplement dément !

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

C'est à 6h00, ce vendredi matin, à Vizille, que le départ de cette aventure est lancé.

Les conditions climatiques sont tout simplement parfaites et elles le resteront jusqu'à dimanche. Dans ma tête l'objectif est de finir et je me suis bien gardé de faire un pronostic avant la course. En étudiant le parcours, le road book et les retours de plusieurs reco de coureurs, je veux : 1- finir et 2 - si possible avant la 2è nuit, où bien ne pas la faire entièrement!

Ce qui sera le cas au final avec une arrivée à 3h30 du matin.

En jetant un oeil sur le profil, vous aurez sans doute remarquez que lors des 28 premiers kilomètres on passe de 285m à 2926m d'altitude... . Le hors d'oeuvre est tout simplement indigeste alors,pas d'affolement, partons prudemment !

Cette première partie est tout simplement magnifique. En quelques heures on arrive en haute montagne dans des paysages qui me rappelle par moment les Pyrénées.

Avec ses lacs et ses montagnes majestueuses aux contours déchirés. Je sais à présent ce que je suis venu faire ici !

au col de l'Infernet, 2019m

au col de l'Infernet, 2019m

Lac Roberts, 2000m

Lac Roberts, 2000m

Au loin refuge de La Pra, 2110m

Au loin refuge de La Pra, 2110m

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque
Au sommet de Belledonne, 2926m

Au sommet de Belledonne, 2926m

Croix de Belledonne : vue panoramique sur tout le massif

Croix de Belledonne : vue panoramique sur tout le massif

La montée à la Croix de Belledonne est rude, sans répit et elle se fait en aller-retour. Je croise ceux qui en redescende puis c'est mon tour de croiser ceux qui montent. C'est très sympa ce petit chassé-croisé et ça me rappelle Les Citadelles avec la montée de Montségur !

Les pierriers et les névés sont déjà bien présent et sollicitent déjà beaucoup d'attention et d'énergie. Mais c'est rien en comparaison de ce qui nous attends par la suite...

Au refuge de La Pra, 5 minutes d'arrêt, tout va bien et je profite du soleil et du panorama grandiose en dégustant un petit pain avec de la confiture (eh oui c'est l'heure du ptit dèj')

Je repars ragaillardi et prêt pour attaquer la suite

Refuge de La Pra et vue depuis la terrasse
Refuge de La Pra et vue depuis la terrasse

Refuge de La Pra et vue depuis la terrasse

La montée au col de Freydane est courte mais très soutenue, tout comme la descente vers le glacier, à la sortie duquel on rattrape la moraine avec un passage délicat, très glissant, mais qui vaut la peine d'être franchi car il laisse dévoiler le très beau Lac Blanc.

Glacier de Freydane, Lac du Grand Domènon en montant au col de Freydane, Lac Blanc
Glacier de Freydane, Lac du Grand Domènon en montant au col de Freydane, Lac Blanc
Glacier de Freydane, Lac du Grand Domènon en montant au col de Freydane, Lac Blanc

Glacier de Freydane, Lac du Grand Domènon en montant au col de Freydane, Lac Blanc

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

Enfin le sentier devient bien marqué et je me laisse courir sur les 3 km jusqu'au refuge Jean Collet, où se trouve le prochain ravitaillement. ça me fait un bien fou de pouvoir enfin courir et trouver un rythme de croisière qui me délasse mentalement. Je relâche mon attention, repose mon esprit, admire le paysage, respire plus calmement et détend à la fois mes bras et mes jambes. Moment très agréable. Qui ne va pas durer malheureusement !

Refuge Jean Collet, en nid d'aigle au-dessus de la vallée, 1960m

Refuge Jean Collet, en nid d'aigle au-dessus de la vallée, 1960m

Je prends le temps de bien ravitailler car les choses sérieuses commencent :

20 km de haute montagne jusqu'à mi-parcours, Fonds de France, plus de ravitaillement et 2 cols "hors catégorie" à franchir.

Tout d'abord direction le col de la Mine de Fer, où je connais mon premier gros coup de barre suite au ravito (heureusement je n'avais pas gouté à la soupe qui apparemment à posée de sacrés problèmes de vomissement à plusieurs coureurs...), néanmoins je connais une bonne baisse de régime et me fais rattraper par un groupe de 8. Je les laisse passer et tente de prendre le dernier wagon. Je m'accroche tant bien que mal en attendant le retour de moments meilleurs !

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque
je croiserai Gimli dans ce décor de la Mine de Fer que ça me surprendrai à peine ...

je croiserai Gimli dans ce décor de la Mine de Fer que ça me surprendrai à peine ...

A l'est on aperçoit la Brèche Fendue, les sensations reviennent peu à peu, ça monte dur, c'est technique dans les cailloux, le coin est très sauvage, chaotique, c'est assez extraordinaire comme paysage. On est à 2400m d'altitude et le monde minéral qui nous entoure nous impose le respect de par son envergure.

Passé le Pas de la Coche, on approche du col de la Vache par un sentier longeant un torrent. J'en profite pour refaire le plein d'eau. Non loin de moi, des bouquetins nous observent, nous drôles d'animaux venus provisoirement fouler leur territoire.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

Les pierriers deviennent des blocs gros comme des voitures. Impossible de courir, physiquement c'est très usant. Pas la peine de s'énerver, j'y vais doucement, on est qu'au kilomètre 50, encore 105...

vue au sommet du col

vue au sommet du col

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque
descente technique jusqu'au lac de Coc et le refuge des 7 Laux (non loin de Chamrousse)

descente technique jusqu'au lac de Coc et le refuge des 7 Laux (non loin de Chamrousse)

21h00.

J'entre enfin à Fonds de France, base de vie de l'Echappée Belle. 15h00 de course déjà, 70 km et 6000m de dénivelé parcourus. La moitié...

J'apprends rapidement que plus de 200 coureurs ont abandonnés ??... Je sais que certains sont partis trop vite, d'autres se sont pas vu continuer sur un parcours aussi montagnard, pourtant le road book était clair : 100% MONOTRACES, 200% TECHNIQUE, 300% MAGNIFIQUE.

En m'asseyant sur ma chaise tout en avalant 2 sandwichs jambon de pays fromage, je viens de gagner 200 places au classement. Mais c'est à mon tour de douter. La nuit est tombée (très mauvais la nuit : toujours propice aux doutes !) suis-je capable de continuer l'aventure... je bois 500ml de boisson récup...., physiquement je suis quand même bien entamé... tiens si je prenais une banane... je suis pas explosé non plus mais si la suite est du même acabit que la première partie, ça va être chaud... je change de chaussettes et chaussures, met mon t-shirt manches longues, ... en même temps je sens que cette course est mythique, par sa beauté, sa difficulté, si je finis ce sera énorme, ... j'enfile un buff, pas question de dormir ici, je sais par expérience que c'est l'endroit maudit de la course pour se poser, trop d'ondes négatives, trop de visages marqués et de corps chancelant qui me renvoient des images d'échecs... je sais que mentalement je peux le faire, il faut que je gère l'alimentation et le repos... je peux le faire, je le sais au fond de moi... une dernière banane.

21h40

Je repars, avec un collègue, pour affronter la nuit déjà bien installée, au menu un kilomètre vertical : 8 km et 1000m+ pour arriver au chalet de la Grande Valloire. Je monte pas vite certes (500m/h) mais je monte, c'est en forêt, sans difficultés techniques mais extrêmement raide, la digestion et la fatigue me redonnent proie aux doutes... allez Alban, je me met à parler tout seul, bouges-toi ! , je commence à refaire le monde dans ma tête, pense aux personnes importantes, et lutte contre un sommeil qui se fait de plus en plus pesant.

Les Gleyzins. 1h37 du matin. IL FAUT que je dorme. La bergerie est bien remplie mais je trouve une place et m'allonge comme une masse, j'ai tellement mal aux bras à force de pousser sur les bâtons, j'ai mal au dos aussi avec le poids du sac. Je dors 20 minutes qui passent comme 5 mais je sens un net mieux au réveil.

Je repars pour affronter le monstre. Le gros morceaux de cet ultra, le sauvage col Moretan. Enormissime. De nuit il fait peur de par sa masse sombre et inquiétante.

La nuit est paisible, pas un bruit, pas de vent, au loin là-haut, tout là-haut, des petites lumières bougent, c'est si loin, ce sont des frontales... mais comment vais-je arriver là-haut ? 5 km de montée hors sentier, 1500m+ dans les blocs, suivi d'une descente verglacée assez dangereuse, sécurisée seulement par endroits par quelques cordes fixes, suivie d'une crête vertigineuse, à pic, glissante, jusqu'au Lac Moretan.

Tout s'embrouille dans ma tête, seulement 14 kilomètres que j'ai quitté FDF. J'essaie de me calmer ! Prendre les choses une à une. D'abord la 1ère partie, en forêt, pareil qu'avant, 750m de d+, légèrement moins pentue que tout-à-l'heure, qui m'amène au refuge de l'Oule. Mais j'avance pas. Encore moins bien qu'avant.

Au refuge la bénévole me voit et alors me dit en voyant ma tête : "on a des lits à l'intérieur ..." J'ai envie de lui dire tu rigoles ma vieille, j'ai fait la Montagn'Hard moi ...

_ "à l'intérieur ?" ,

_ "oui".

Bam c'est reparti pour 20 minutes.

Au réveil cette fois les forces sont revenus, je repars seul remonter les blocs, remonté à bloc. Pas de sentier, il faut suivre le balisage, très bien réalisé sur cette portion.

Je suis content j'effectue une bonne montée régulière, sans pause et rattrape même 2 coureurs juste avant le sommet.

OUF ! YES WE CAN !! YEAH !!!

euh... c'est par là qu'on descend ? ils déconnent ??

Nom de D... P.... c'est impossible, c'est de la glace.

Je regarde les 2 gars et ils me font : "vas-y toi. t'as l'air frais", genre vas-y casses-toi la gueule le premier qu'on passe pas par là où tu vas...

J'y vais. Impossible ça glisse trop. Si je tombe je dévale 200m et au revoir. merci d'avoir participé. Je passe sur le côté dans la moraine. Impossible les blocs sont tous plus instables les uns que les autres, j'évite l'entorse de justesse. Je repasse sur la glace, pointe les bâtons vers l'avant, j'ai les disques de frein qui surchauffe (les cuisses). J'ai mal ! Tiens une corde ouf ! 50m c'est tout ? Les salauds. Re-glace.

Pendant ce temps-là à Vera Cruz...

20 minutes plus tard, jamais été aussi content de revoir un caillou bien sec. Je m'arrête pour reprendre mes esprits et mange du pain de campagne piqué au dernier ravito avec fromage et jambon , hummmm trop bon parce que je le vaut bien.

Quelle descente, j'apprendrai plus tard qu'un coureur s'est cassé le pied dans cette même descente et que des coureurs ont entendu le "crac" de la fracture...

J'en ai encore des frissons. Je repars car la descente est pas finie: la fameuse crête que tout homme sujet au vertige doit maudire dans son inconscient: un single très étroit, vide à gauche, vide à droite, de la pente, de la glisse. Moi perso j'aime bien, je trouve ça excellent, mais d'autres sont moins enthousiaste comme le coureur que je rejoins et qui remonte dans ma direction ?? Il est tombé et son bâton a dévalé la pente et a disparu... Il fait encore nuit et il le cherche, bien embêté je le comprends (reste 70 kilomètres avec un bâton c'est pas gagné...) Je cherche avec lui, aucune trace. Il est dégouté et me dit de repartir en me remerciant je lui dis que je suis désolé. 2 minutes plus tard c'est moi qui tombe et mon bâton dévale, j'y crois pas il m'a mit la poisse !! Je me relève en gueulant, heureusement j'ai suivi le trajet du bâton fou et le vois atterrir dans un bosquet. Ouf !

J'en peux plus de cette descente, il commence à faire jour. J'arrive enfin en bas et rejoins 2 autres coureurs avec qui je rejoins le lac Moretan et l'abri de Périoule où des bénévoles nous attendent avec thé, café et pâtes.

Je range la frontale, il est 7h00, 25h de course.

Pour info c'est le temps qu'il m'avait fallu pour faire la Montagn'hard en 2011 (100km et 8850m de D+). Là j'en suis à 80km et 7700m de D+, et il me reste 60 km et 3500m+ ...

Moi qui pensais que la Montagn'Hard était indépassable en terme de difficulté technique... Une nouvelle référence vient bien de naitre en 2013.

Je repars en direction de Super Collet. La descente est bien tracée puis c'est un magnifique sentier qui nous mène jusqu'au début de la montée du refuge de la Pierre du Carre. La montée en forêt est très raide, mais le jour naissant me fait revivre et je monte avec 2 belges sur un bon rythme. Néanmoins arrivé au sommet du télésiège de Sup Collet j'accuse un peu le coup, j'ai de nouveau mal au dos et ressens le besoin de m'allonger sans parvenir à dormir. Il est 11h du matin. Le soleil brille, un beau dimanche s'annonce.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque
j'en peux plus de ce sac ... j'ai envie de le balancer !

j'en peux plus de ce sac ... j'ai envie de le balancer !

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

La suite est tout simplement grandiose de beauté. C'est sauvage, isolé, en mono traces, technique et aérien, c'est la crête des Férices. C'est le paradis. 5km, 1000m+ c'est très très dur je suis physiquement très entamé mais c'est tellement beau que je m'interdis de me plaindre ! Quel pied d'être dans un endroit pareil ! Le panorama est tout simplement exceptionnel.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

Le col d'Arpingon, 2280m, marque la fin de la crête, la suite est en balcon, sous le col de la Frêche. Je me régale malgré la fatigue. Je cours tout de même et bizarrement ça me fait un bien fou. Je retrouve de l'énergie comme si l'énergie cinétique me redonnait de l'influx que je croyais perdu à tout jamais pour aujourd'hui. La confiance revient.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

J'arrive à Val Pelouse à 16h50, 110è km.

Je prends le temps de bien me ravitailler et de discuter de la suite avec les bénévoles qui m'explique le parcours en détail. Je me prépare ainsi psychologiquement. Car physiquement j'ai de nouveau un gros coup de moins bien. Est-ce ma chevauchée sur le balcon que je paye, ou tout simplement l'accumulation de dénivelé qui passe plus ?

Je repars sur une montée insupportable pour moi car je n'avance pas. Pourtant c'est 200m. Mais je me sens Hors Service. Un con de caméraman me filme (je suis un peu énervé mais j'en veux pas au gentil cameraman qui fait son taf :-)

J'espère juste que j'apparaîtrai pas sur le docu dans cet état, je ressemble à rien, il est là-haut et il me filme pendant 5 minutes. Faut que j'aille aux toilettes faire la grosse commissions, ... tiens... si je chiais là au milieu est-ce qu'il arrêterai de filmer ? Je rigole intérieurement. d'ailleurs si je passe dans le docu et que vous me voyez sourire à ce moment précis vous saurez à quoi j'ai pensé à ce moment-là...

Bref je continue un peu plus loin une fois un replat atteint et me cache derrière un rocher.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

C'est une renaissance ! Me voilà reparti de plus belle dans une interminable approche à la montée du Chapotet. La combe est magnifique mais encore une fois très usante, impossible de courir plus de 2 minutes. Toutefois je trace bien et rejoins un coureur avec qui je fais la montée de 750m+ jusqu'au sommet du Chapotet. De là je repars en courant et laisse mon comparse derrière moi car lui ne peux plus courir.

Je cours donc jusqu'au Lac des Grenouilles, pointage manuel et discussion avec les bénévoles, qui me demandent comment je vais et aussi mon avis sur la course afin de remonter les infos pour l'année prochaine. Moi ça va, et je leur fais beaucoup de compliments, mérités, sur le parcours, l'orga, le balisage, leur parle de la descente de Moretan ect... je leur dis aussi que l'année prochaine je serai bénévole rien que pour voir la tête des coureurs qui passent... que l'UTMB à côté c'est une autoroute et que c'est l'Echappée Belle qui devrait donner 4 points à l'UTMB... bref on rigole un petit moment puis je repars vers le Grand Chat.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

Le coucher de soleil sur Le Grand Chat, comment vous expliquer, c'est un truc qu'il faut voir une fois dans sa vie de montagnard ! C'est tout bonnement somptueux: à l'est la Lauziere, au nord-est le Mont Blanc, au nord les Bauges, à l'ouest la Chartreuse et au sud... Belledonne ! Franchement après ça, plus rien peut m'empêcher de finir avec de telles images gravées dans ma tête.

L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque
L'Echappée Belle : une 1ère édition dantesque

Car effectivement la suite est très pénible, totalement sans intérêt, d'abord jusqu'au Cucheron, dans une forêt où on chemine de façon interminable en succession de montées-descentes à vous rendre complètement fou. Puis après le dernier ravitaillement sur le sentier des Anciennes Batteries (porte bien son nom celui-là...) avec toujours de nombreuses bosses sans fin. Puis une succession de pistes et croisements de routes avec pour finir 15km de bitume où il ne faut rien lâcher.

Et je n'ai RIEN lâché sur ces dernières portions, j'ai couru, seul, mentalement indestructible, trouvant une énergie en moi pour relancer à chaque virage, à chaque faux plat, et à 3h39 j'entre au Parc d'Aiguebelle, tape un mini sprint poussé par les applaudissements des 4 super-bénévoles et ... 0 spectateurs ! ça y est, je l'ai fait !

45h40 et 96è (41è SH) mais avant tout FINISHER ! Je réalise pas vraiment. Je me plains du manque d'ambiance auprès des bénévoles et ils rigolent. Je suis cuit mais je pense au bonheur que ça va être de m'allonger dans 10 minutes ! J'ai les pieds dans un sale état, et le dos en compote. J'ai jamais autant souffert pour un sac finisher Helly Hansen, très beau soit dit en passant!

Je tente de manger un peu mais plus d'appétit, 2 coureurs arrivent à leur tour j'applaudis comme il se doit ! Cool je suis plus tout seul (ça faisait 5h que je traçais seul dans la nuit... ça commençait à peser), on se félicite chaleureusement car on est pas nombreux à finir, on sera 167 en tout... Je reste encore 5 minutes pour savourer ces instants inoubliables. Puis je prends toutes mes affaires et vais m'effondrer dans le gymnase sur un tatami aussi dur que ma tête, et m'endors en envoyant un dernier texto pour que Denis viennent me ramasser tout-à-l'heure !

Je n'ai aucun souvenirs des 5h de sommeil dans le gymnase...je crois que mon encéphalogramme était proche de zéro. Denis me réveille à 8h30 et je suis bien content de le voir!

Je vais enfin m'allonger dans un vrai lit, après avoir pris une douche bien chaude.

ô bonheur suprême du matelas moelleux ô extase du tendre oreiller.

Oui le bonheur se trouve dans les choses simples. Les ultras me le rappellent régulièrement !

Bravo encore pour ce parcours titanesque et sublime, la fin de parcours à revoir, la descente de Moretan a sécuriser d'avantage, le balisage pas suffisement voyant par moment, bref des petites choses à peaufiner mais franchement, pour une première Echappée c'est une Belle réussite !

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Lau 21/10/2013 22:25

On a du se croiser plusieurs fois... et j'ai ressenti plein de moments et lieu de la même façon !
Ah la descente de Moretan, inoubliable...
Mais j'ai dormi à Val Pelouse, et fini après toi...
Chouette CR et très belles photos ! Bravo !
Amicalement,
Lau

duchene 29/09/2013 11:40

Tout ça pour une cloche et un sac ????? Non mais allo quoi!!!!!!!! Bravo Alban pour cet EXPLOIT !!!!! C'est toujours aussi sympa de lire tes récits !!!

Steeve.D 12/09/2013 17:08

Je connais donc un des fameux et courageux finisher de cette course qui fait déjà magnifiquement peur rien qu'en te lisant!
C'est fini, plus jamais je te traiterai de Parisien. Tu es bel et bien un Loup blanc des montagnes!
Bravo! Félicitation! Respect!
:=)