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ENFIN LE BLOG TRAIL D'ALBAN !

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GRAND RAID des PYRENEES 2009

Enfin Le Blog Trail d'Alban —

 

GRP 2009 : PAR-DESSUS LES NUAGES

 

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Le GRP 2009 est terminé. C'était l'apothéose de l'année 2009, l'Objectif, depuis presque 1 an, car il faut bien avouer que la préparation commence dès ce moment là. C'est pas en 2 mois qu'on se prépare à faire 155km en montagne.

Mais c'est vrai que cet objectif occupait une place particulière. Les raisons sont évidentes, c'est clairement un coup de coeur, car les Pyrénées représentent un nouveau départ pour moi.

Dans le monde de l'ultra trail, la fin août est souvent l'apex de la saison. Le poids lourd de la catégorie Ultra l'UTMB attire près de 5000 traileurs du coté de Chamonix. Un petit nouveau, plus sauvage, plus jeune, pointe le bout de son nez simultanément: le Grand Raid des Pyrénées, qui prépare un second round avec presque 1000 compétiteurs.


La première édition fut épique, tellement roots que les organisateurs hésitèrent longuement à remettre les couverts. En effet, les coureurs les plus rapides furent prompt à ...se perdre (victimes de débalisage mal intentionnés), rendant la course digne d'une manche d'orientation sans cartes, ni balises.


Après quelques recos en juin, j'étais encore plus motivé, par la beauté du parcours, dont je profiterais partiellement le jour J, par la difficulté, la technicité, et la variété. 

La veille, tous les feux étaient au vert, mon poto Jul' arrive de Paris et je pourrais compter sur lui et Steph pour le co-voiturage. Décidément Jul' tjrs présent dans les grands rdv, après La GRR à la Réunion, le GRP demain ! Grand bravo et Grand merci  !

 

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A Vielle Aure ça respire la montagne, le calme, les signes du GRP sont bien présents, mais tout reste à taille humaine, la place du village est juste ''animée'', et c'est vraiment agréable.

 

Le Départ (05h00)

 

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Ce que j'aime, c'est que ç'est pas le sprint du Grand Raid de la Réunion, comme si l'arrivée était dans 10km ! On a le temps de savourer ce départ, dans les rues de Vielle Aure, des encouragements, de la musique d'ambiance style ''fanfare, les clowns démarrent !'', de s'échauffer légèrement en arrivant sur Vignec, pour attaquer le Col de Portet et ses 1400 mètres de dénivelé positifs !

2h00 de course ... passage au Col de Portet ... déjà! J'en profite pour retirer ma chaussure, car j'ai ressenti un léger échauffement, et je préfère vérifier de suite... mais en fait, c'est parce que la pente était trop raide ! Pas de souci... me voilà reparti, en petit groupe de 4-5 coureurs, sur ce chemin en balcon au dessus du lac de l'Oule. Le lac est à vue, le lever du jour fait son apparition, ... premier instant de régal sur ce GRP ! Le Pic de Bastan est face à nous ... 


 

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Nous approchons du ''Pays du Caillou'' (et des Lacs), qu'il va nous falloir traverser pendant une bonne heure. Nous jouons au chat et à la souris avec les nuages, qui montent, descendent ... c'est un vrai régal !

 

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Nous croisons quelques moutons bleus. Ici, les bergers peignent leurs moutons pour mieux les repérer. D'autres moutons n'ont plus de couleurs, il ne reste que les os. Certainement mangés par les ours, il ne subsiste que des squelettes, des mâchoires et des colonnes vertébrales. Ca fait froid dans le dos. Dans les airs, un vautour veille.

Puis enfin nous transperçons ce mur de grisaille pour changer d'univers et découvrir enfin ces belles Pyrénées !! Magnifique !

 

 

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Je vais en profiter un bon moment, presque jusqu'au Lac Bleu, et me voilà en partance vers Hautacam, avec 4 cols à franchir avant ! Cette section sera la plus belle du jour. Il fait presque chaud, mais je profite à 200% de ces monotraces au dessus des nuages, alternant montées, descentes, du caillou, un vrai régal à courir ! Je ne croiserais presque personne, l'ivresse des montagnes me gagne, je respire le trail, l'état d'esprit ''skyrunning'' me gagne, je cours le ciel !! 

 


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      Sous le pic du Midi

 

 

Je franchis le difficile Col de Bareilles, en prenant le soin de bien temporiser dans la descente, car celle-ci pourrait laisser des traces avec ces pentes très raides... mais dans la remontée de la Hourquette d'Ouscouaou, petit coup de mou ! Je manque d'eau, je n'ai plus de solide à manger... j'ai fait une erreur de débutant au Col de Sencours, pensant que le ravito n'était pas si loin. ça m'apprendra à survoler le roadbook. Je vais gérer la crise, et redescendre calmement jusqu'à Hautacam;

 

Le ravito d'Hautacam, km 55 sera vraiment le bienvenue ! Je prends le temps, car là, l'hypo n'était pas très loin, j'ai frôlé la correctionnelle.

 


 

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1ère base vie : Villelongue à 65 km

J’arrive sur Villelongue où j'ai pu dérouler sur toute la descente. Je retrouve bcp de monde. Nous sommes à mi-parcours et un très gros morceau nous attends: le Pic du Cabaliros et ses 1850m de dénivelés positifs. Je prends le temps de me ravitailler et là je commet une 2è erreur de débutant : je mange trop. Trop de pâtes. J'avais faim. Je vais payer cash ce surplus d'appétit : mon sang au lieu de ravitailler mes muscles vont pendant 1 heure s'occuper de la digestion... énorme coup de bambou, je m'engueule à voix haute comme du poisson pourri...

 

 

DSC_2015-357x500.jpg     t'avais qu'à moins mangé...

 

Le jour va se coucher et la montée du Pic du Cabaliros s’annonce difficile.

Vers 20h10 un coureur dont l'allure est étonnante me dépasse. Il va très vite et je ne comprends pas ce qu’il fait là !

Il s’arrête devant moi, met sa frontale et repart. Entre temps j’ai eu le temps de le questionner. Il était premier au col de Portet mais il s'est perdu et à fait 30 km et 5h de plus pour retrouver le chemin. Il a fait demi tour et est reparti dernier à la limite de la barrière horaire. Je n’ai pas le temps de le féliciter car beaucoup aurait abandonné après une telle mésaventure. Ce coureur, Daniel LEVY, a terminé la course vers la 100ème place. Je lui tire un grand coup de chapeau car il a fait 180 km au final et n'a pas jeté l'éponge.

J'arrive au ravitaillement du Tuc de Béné, organisé dans une petite cabane en bois de 15m2. Il y fait chaud, la soupe est bonne et l'ambiance chaleureuse. On a du mal a en repartir car dehors il fait froid et humide. J'enfile le coupe-vent car je suis pris par des tremblements. Je me suis pourtant bien couvert mais j’ai froid. Heureusement que cela ne dure pas et je repars à l'assaut du Cabaliros.

 A ce moment je suis avec 4 autres coureurs et on reste ensemble sur cette partie difficile. Je décroche légèrement avec un autre et les 3 autres décident de nous attendre. C’est vraiment sympa car la montée dans la nuit sous cette pluie et dans le brouillard est pénible… heureusement que le balisage est à la hauteur de la difficulté. 

Le brouillard absorbe tout le rayonnement lumineux et forme un écran blanc que les frontales, en cette fin de nuit, ne parviennent pas à percer. Une purée de pois de premier choix ! Sans le balisage il serait très facile de se perdre ici.

En haut du Cabaliros je retrouve un coureur qui a eu pas mal de difficulté à monter. On reste ensemble sur la descente du Cabaliros qui est vraiment dure, technique et dangereuse. Cela glisse, beaucoup de trous, pierres, boue, combiné à l'obscurité de la nuit. Lorsque nous rejoignons la forêt, le chemin un peu meilleur nous permet de courir jusqu'au ravito de Cauteret.

 Cauterets : 91 km

On arrive enfin à Cauterets où j’aimerai dormir un peu mais il n’y a pas de lits disponibles. Je reste sur la chaise en essayant de me reposer sans y arriver pour autant. Je décide alors de repartir. Mes souvenirs sont vagues sur cette partie c'est surement mon cerveau qui a décidé d'oublier ce passage à mon avis effectué au radar !! 

Arrivée à Luz : 110 km 2ème base vie

Je suis cuit (à point) et j'ai une douleur à l’aine droite depuis quelques bornes et elle semble vouloir s'installer. C’est la première fois que ça arrive. Peut être est-ce l’effet de la pluie !

Je discute avec un gars qui m'avait doublé depuis longtemps et il me raconte qu’il a commencé à être moins bien … la pluie plus la nuit ont eu raison de sa motivation et il a abandonné au 2/3 du parcours sans regret. Dommage car il pouvait faire une grosse performance. Du coup il se rend disponible pour nous (ce qui est très appréciable quand on est mal). Je dors 1h30. Au réveil j'ai mal partout !! Il faut que j'aille chercher très loin en moi la motivation de repartir car l'idée d'arrêter là me traverse plusieurs fois l'esprit. Mais je me suis promis (juré et même craché!) de jamais abandonner une course sauf pépin physique me contraignant à tout stopper.

A ce moment je me sens donc plutôt faible mais je décide de partir car je sais que la montée sur Barège sera longue: 1800m de D+ 

Un coureur me reprend et m’attend sur la montée ou je me traîne.

 

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      Le jour se lève

 

Le soleil sur la fin

Un beau soleil fais son apparition. Quel Bonheur ! L'énergie me revient, ça me fait un bien fou ! Ras le bol des nuages et de l'humidité. A ce moment le tracé du 75 km reprend celui du 150 km. 

 

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A partir de Tournaboup le parcours est magnifique. Une succession de montées rocailleuses et de prairie le long d'un sentier en balcon.

J'arrive au col de Barèges où je marque une large pause. On a fait le plus dur… la suite est longue et il faut s’accrocher. Le col de Portet est une formalité. Je me prends même à accélérer sur la fin.

 

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J'ai envie de finir avant la tombée de la nuit. Une fois en haut du col de Portet, ça sent l'écurie. Plus que 11km de descente et 1400m de dénivelé négatif !

Avec 2 coureurs on accélère sur la descente et on finit sur un rythme soutenu en un peu plus de 41h.

Content et soulagé d’avoir bouclé cette course incroyable.

 

Ce fut une belle épreuve, où il ne fallait pas manquer de courage, pour gérer à la fois la fatigue et l'effort. Mais quel bonheur !!

Pour vous faire vivre de l'intérieur cette course, voici une vidéo qui résumera toutes les sensations et les moments uniques de cette aventure :

 

 

Merci à tous les bénévoles, à l'organisation parfaite et aux nombreux messages de soutient pendant la nuit qui m'on tellement aidé mentalement !!

 

 

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Fin de la saison 2009 pour moi, je suis cuit mais tellement heureux ! Je vais soigner cette hanche douloureuse et finir avec le marathon de Toulouse en Octobre; une arrivée Place du Capitole presque en bas de la maison, ç'est une provocation des organisateurs évidement !

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