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ENFIN LE BLOG TRAIL D'ALBAN !

ENFIN LE BLOG TRAIL D'ALBAN !

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Emmona Ultra Trail : court-jus au 68è km...

Enfin Le Blog Trail d'Alban —

Ce samedi 16 juin 2012, la seule chose que j'ai réussi, sans le savoir, a été de réunir toutes les conditions pour me mettre dans le mur et pour la première fois m'obliger à abandonner.

Retour sur une journée riche en émotions

En préambule, je dois dire que cette course est sans doute l'un des ultra les plus beaux mais aussi les plus difficiles auquel il m'a été donné de participer. Une épreuve hors norme, de haute montagne, avec un ration dénivelé-distance très dur, une technicité impréssionante, des paysages fabuleux. Il m'a rappelé à plusieurs moments la Montagn'hard et ce pour:

- ses ascencions dantesques: des pentes à 30 et 40% dans la montée du Puig Estela, du collado del Puig Cerverís, du Coll de la Marrana, du Puigmal

- ses vallées méconnues et d'une grande beauté: la vallée de Coma de Vaca entre el collado de Tres Pics et le Coll de la Marrana

- ses traversées en crêtes à couper le souffle: la Sierra Cavallera

- ses enchainements de pics tous plus incroyable les uns que les autres: pic du Freser (2.835m), pic de l'Infierno (2.869m), pic de la Fosa del Gegant (2.801m)

- ses descentes hyper techniques,

- ses chevauchés sauvages le long de la frontière, entre le sommet du Puigmal à 2914m d'altitude et Corral Blanc

- et enfin par l'ambiance catalane exceptionnelle de la part des coureurs et des bénévoles.

Seulement voilà, malgré tout ces formidables ingrédients réunis, j'ai commis plusieurs erreurs, qui à ce niveau là, ne sont plus permises!

Tout d'abord une certaine fatigue d'avant course avec 2 derniers week end de fête (mariages+ nuit blanche + reprise de travail le lundi), je pensais avoir suffisamment récupéré mais la dernière nuit fut également raccourcie, me mettant dans un état de fraicheur non optimal pour affronter un tel ultra. 

Ensuite la chaleur, la météo exceptionnelle nous a offert des vues à couper le souffle tout le long du parcours, mais le revers de la médaille est que je n'ai pas pu ou pas su m'en prévenir suffisement, résultat la journée et les kilomètres défilant, plusieurs coups de chaud sont venus m'entamer sérieusement sans que je parvienne à reprendre le dessus.

Autre négligence, de taille, et de débutant même (quel comble!) je teste lors de la première moitié du parcours une nouvelle boisson énergétique, censée être plus efficace que l'habituelle... ça passe plutôt bien au début, puis les kilomètres s'égrainent, et le gout trop sucré passe de moins en moins, inconsciement je ne m'hydrate plus comme je devrais par cette chaleur, ce qui contribue évidemment à mon épuisement progressif.

Résultat, à 20h24 excatement, je jette l'éponge la mort dans l'âme.

Je suis à mi-chemin dans l'avant dernière montée de 1700m de dénivelé positif qui mène au Coma Ermada, et je n'avance plus. Plus de jus. Mal partout. Il reste 35km et je ne vois plus comment faire, je n'entrevois plus aucune solution. Je m'arrête plusieurs minutes sur place, je suis seul et je regarde derrière moi: au loin, en bas dans la vallée, Las Planoles. J'essaie d'analyser la situation et me rend compte que je ne prends plus aucun plaisir à continuer, il n'y a que souffrance, douleurs et lassitude. Je suis pourtant en 48è position    (sur 300 au départ) mais l'idée de perforer ne m'enchante guère même plus. J'ai n'avais jamais connu ça et c'est très désagréable! 

Je redescends pendant 1h15 en sens inverse pour rejoindre le ravito et croise une trentaine de coureurs tous plus sympa les uns que les autres. J'échange quelques mots à chaque fois, j'explique la situation, même si après 14h30 de course mon espagnol à du mal à sortir! Je les encourage tous: Venga Venga!! Animo!! 

Au final, arrivé au ravito, je me sens apaisé, en accord avec cette dure décision. J'en parle avec un toulousain bénévole qui est venu comme moi se perdre ici! il me dit que la nuit arrivant ça aurait été un pur calvaire et aurait laissé également des traces physiques bien plus pénibles. J'acquiesse bien volontier et on commence à discuter, il me redonne le sourire, blague avec moi et me fait relativiser. Quand on est soi-même dans la situation et dans cet état là, on est dans le flou, on a tendance à tout voir en noir, jusqu'à ce que quelqu'un vous rappele à juste titre qu'on ne peut pas tout réussir et qu'on apprends d'ailleurs bien plus de ses échecs que de ses bons résulats. Et bien cette personne là c'était lui! toulousain en plus! Avec le recul, j'en arrive à me dire que ce n'est pas une coincidence si je suis tombé sur lui ce soir, que lui c'était moi en quelque sorte, je veux dire ma conscience extériorisée. Je l'avais quitté 2h avant, dans le doute, et c'était certainement un signe; je le salue au passage!

Enfin reste ces 68 km et 5665m de D+ (en 14h c'est plutôt pas mal finalement!) : du pur régal, des points de vue inoubliables, et très certainement une revanche à prendre...

 

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      Un ultra très montagnard, à l'espagnol ! Le profil parle de lui-même...


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Emmona-2012-0264ret.jpeg Pardines


600873_375453819183901_529589391_n.jpeg Sierra Cavalera


Pardines---Tres-Pics----16-06-2012-10-08-52.jpeg

 

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Emmona-2012-0278ret.jpeg    Coma de Vaca


181109_375457032516913_2252864_n.jpeg

Coll de la Marrana

 

 

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Pic des Bastiments

 

Bastiments - 16-06-2012 12-37-28


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Emmona-2012-0300ret.jpeg     sur la crête des 3 pics

P1030984.jpeg

 

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final du Puigmal

 


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