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ENFIN LE BLOG TRAIL D'ALBAN !

ENFIN LE BLOG TRAIL D'ALBAN !

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CHAMPIONNAT DU CANIGOU !

Enfin Le Blog Trail d'Alban —

A L'ASSAUT DU CANIGO !!    

 

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Ultime préparation avant l'UTMB et c'est une 1ère pour moi sur cette boucle en montagne de 34 km et 2134m D+ avec départ et arrivée à Vernet-les-Bains, la station thermale des Pyrénées- Orientales.

18 km de montée avec de gros pourcentages, passage par la "Cheminée" (paroi abrupte sur une centaine de mètres, aussi fascinante qu’exigeante) pour accéder au Pic du Canigou et sa Croix forgée, puis descente de 16 km bien technique.

 

 

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Le parcours est à 90% tracé sur terre, pelouses de montagne et éboulis qui traverse tous les étages de végétation : c'est un parcours type course de skyrunning. Créée en 1905, cette course, qui suit le même tracé qu'à l'époque, est l'une des plus ancienne course de France. A l'époque, la prime de victoire remise par le Prince Roland Bonaparte s'élevait à 150 francs. Le deuxième touchait 100 francs et une bouteille de Byrrh en récompense !

 

 

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Ce dimanche 7 août 2011, à l'occasion du championnat du Canigou, nous sommes près de 800 à venir courir sur la trace de Pierre III d'Aragon, qui en 1285 a été le premier à gravir cette montagne, fierté de la Catalogne.

Cette montagne qui se dresse ainsi au dessus de la plaine du Languedoc et qui est devenue un très beau terrain de jeu pour les coureurs de pleine nature. 

 

photo_190502_3298947_201004061821914.jpeg                              Le Canigou, montagne sacrée des catalans

 

La première édition de ce championnat, qui voulait rendre hommage aux porteurs de blocs de glace qui descendaient leur charge depuis le glacier du Canigou, s'est déroulée en 1905. Après un long sommeil jusqu'en 1981 la course a repris depuis, sans interruption, sous l'impulsion de quelques « fous », notamment Jacques Nou,  petit fils de Jacques Nou, vainqueur de la première édition. Dès lors, il n'aura de cesse de se développer pour atteindre 800 concurrents ces dernières années, une participation limitée pour protéger ce milieu fragile et remarquable.

Cette épreuve, qui fait partie du cercle très fermé des plus anciennes courses de France, est considérée par les spécialistes comme une des plus belles épreuves de sport de pleine nature en Europe.

 

A noter que quelques irréductibles feront le parcours avec une charge supplémentaire de 8kg (ils furent 18 à tenter l'aventure à la création de cette épreuve, lestés d'un sac de 8 kg, charge symbolique qui rendait hommage aux porteurs de glace, ces hommes, et quelquefois ces femmes admirables, qui descendaient sur leur dos depuis le glacier du Canigou des blocs de plus de 80 kg destinés à rafraîchir la riche clientèle thermale vernétoise). Ils et elles le faisaient en courant car celui qui revenait le plus rapidement avait les meilleures chances de vendre sa glace !

 

Dès la ligne d’arrivée franchie, les coureurs avec charge de 8 kg volontaires seront tenus d’effectuer les épreuves physiques qui étaient imposées à leurs prédécesseurs en 1905 (100 m au pas de gymnastique et 20 m avec une charge de 20 kg sur le dos) !

Le plateau des engagés est exceptionnel, 800 traileurs: 30 % proviennent des P.-O., 65 % de 80 départements français dont Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Martinique et dix Réunionnais ! Au rayon des pays, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Espagne, la Belgique, la Suisse, l'Italie, le Portugal, les Pays-Bas, la Russie, l'Angleterre et l'Espagne sont représentés...

Au final, malgré quelques débuts de crampes inévitables, je m'en sort pas trop mal, en 5h05 plutôt satisfait même si je visais moins de 5h ! J'ai été très prudent dans la descente très glissante et périlleuse je voulais éviter toute blessure avant l'UTMB ! 

Petit retour en arrière : ce dimanche matin a pourtant été très rocambolesque: parti à 3h30 du matin de Toulouse, je pensais être à l'heure pour le départ à 7h00,

j'arrive à 6h53.... J'ai pris les petites routes secondaires interminables avec pluie+brouillard au passage du col de Jou... : je commence à bouillonner dans la voiture en voyant les minutes défiler et j'ai déjà le coeur haut dans les pulsations ! 

J'arrive enfin, je fonce, me change en 45s dans la rue, sprinte pour attraper mon dossard, je suis le dernier évidemment, refait mes lacets, remonte les booster et PAN! Départ! Je me met à rigoler tout seul de la situation : je suis déjà en transpiration avant les premiers hectomètres: j'ai grillé quelques cartouches dans le stress, aucun échauffement, et les 8 premiers kilo sont parmis les plus raides. Je suis dans le rouge, il y a beaucoup du monde ça croustille déjà dans mes mollets : j'ai beau être matinal... G MAL !! 

 

photo_190502_4159256_201004035233821.jpeg                        800 partants, et beaucoup de têtes d'affiche ! 

 

Je met une bonne demi-heure pour trouver le rythme, je dépasse, me fais dépasser et ainsi de suite ! mais l'ambiance est excellente, c'est la bonne humeur malgré la grisaille ! Nous entrons sur des sentiers abrupts, les pentes sont raides.

L'arrivée au refuge de Mariailles (8,7km) se fait en fanfare (bandas), j'ai mis moins d'1h15 à y arriver, bien je suis largement dans les temps mais il ne faut pas s'emballer. Il reste donc plus de 1000m de D+. Le ciel se dégage enfin.

Je reste avec un petit groupe d'une dizaine de coureur. Il me reste à parcourir un léger replat au refuge d'Arago puis nous attaquons les lacets pour le final de l'ascension.

 

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Je double un coureur avec un drapeau à l'effigie du chanteur Catalan Jordi Barre, disparu en février dernier. J'apprendrai par la suite qu'il s'agit de Rcan, un rappeur perpignanais. Pour se motiver pendant les 18 km de montée, il était équipé d'un poste pour écouter les musiques de l'artiste. Arrivé au sommet, il a accroché le drapeau sur la Croix du Canigou avant de descendre la montagne avec cette fois-ci une banderole sang et Or en mémoire du chanteur.

 

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ça y est je suis au pied de la fameuse cheminée ! Certains basculent déjà en haut du pic. La distance ne me parait pas énorme, il me faudra cependant près de 15min pour parcourir le dernier km. La montée finale restera un moment inoubliable, l'effort est à son paroxisme, le souffle est court mais l'instant est magique. Je bascule au sommet en 3h05. Il fait 10°C.

 

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A peine le temps de profiter du paysage, et c'est le début de la descente !

Je me mets à espérer passer sous les 5h00. Je fais une descente très rapide sur les 3 premiers km, je me régale, de long runs à pleines foulées , risquant plusieurs entorses, en m'insultant de prendre les moindres risques... Et pourtant : c'est tellement bon ! Je rattrappe une dizaine de coureurs, je me sens un peu euphorique. Puis je commence à lever le pied, je n'ai pas l'habitude des très longues descentes et je paie mes efforts du début. J'aurai du prendre plus mon temps en haut du pic pour mieux digérer mon ascension plutôt que d'enchaîner la descente à tombeau ouvert !

 

 

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Les appuis sont très imprévisibles et au km 22 il commence à pleuvoir !!

Je rame un peu dans la descente, et je paye la fatigue depuis le lever à 03h00. Je pensais plus galèrer dans la montée alors que c'est la descente qui demande le plus de d'énergie et de concentration... Début d'ampoules aux 2 talons...

Sur la fin je me refais un peu et allonge la foulée sur la partie asphaltée. Il commence à y avoir de plus en plus de monde. C'est foutu pour les 4h59... pas grave ça me fera un objectif pour l'année prochaine!! Je franchis la ligne après un sprint de 500m avec un camarade dont le fiston le rejoint pour parcourir les derniers mètres.

Je suis vraiment heureux d'être arrivée au bout de ce défi car c'était vraiment pas gagné aujourd'hui !

 

Belle course de montagne que ce championnat du Canigou, une ambiance vraiment sympa donnée par les bénévoles et le public sur tout le parcours ! Le parcours, justement, est vraiment très varié, depuis la piste large (nécessaire au début vu le monde au départ), jusqu’au single-track hyper étroit dans la végétation. Forêt, alpage, pierrier, rocher, tous les aspects de la haute comme de la moyenne montagne sont présents, grâce au profil montée-descente qui nous fait passer de 650 à 2784m. La descente varie du très raide au quasi-plat, de l’ultra technique au très roulant. Je précise que pour certains aspects, on est plus proche de la course de montagne que du trail. Par exemple les ravitos sont nombreux et rapprochés, on est loin de la semi-autonomie de mise sur tous les trails auxquels j’ai participé. Pas trop le temps non plus de discuter avec les autres coureurs pendant la course, ça ne trainait pas, pas de temps mort dans l’effort et tout le monde était un peu dans le rouge.

 

Le lendemain .... Autre discours 

Je vais vous en donner à bouffer moi, du Canigou !!!!

Autant de myalgies des quadriceps qu'à mon premier 10km, il y a déjà 15 ans !!!

Comme quoi ... Le Canigò ne se conquiert pas à la légère ... Je comprends la vénération et le respect des Catalans pour cette montagne qui fait peur lorsque je l'ai découverte de l'autoroute à l'approche de Perpignan : une énorme masse sombre se détachant du bleu immaculé du ciel des Pyrénées Orientales ... Un monolithe imposant ... tellement imposant que l'on peut le voir de la "Bonne Mère" à Marseille !

 

 

« J'avoue que l'an passé, je ne vins chercher ici de plus qu'un petit rayon de soleil. … 
mais je trouvais le Canigou,
montagne enchanteresse entre toutes, 
et je me soumis à son pouvoir
. »

Rudyard Kipling - 1911 -

 

 

                                          

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